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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 12:01

Des odeurs …. dans ma mémoire d’enfant

 

Il me revient des odeurs qui ont marqué ma petite enfance … pendant la guerre …..

 

Tout d’abord cette fabuleuse odeur venant d’une biscotterie  où ma mère nous emmenait mon petit frère et moi en espérant pouvoir acheter des biscottes avec ses tickets de rationnement. Il y avait une file d’attente  interminable devant la boutique et le plus souvent quand arrivait notre tour …. Il ne restait plus rien ! Deux heures de queue pour rien !

Pour rien ? Pas vraiment pour moi parce que je me soûlais littéralement de cette odeur de biscottes chaudes, des biscottes toutes fraîches sortie du four 


Cette odeur gourmande me faisait saliver et réveillait une faim chronique (rationnement féroce !) : c’était à la fois délicieux et douloureux surtout si au bout du compte nous repartions sans rien !

Aujourd’hui je n’en ai gardé que le côté délicieux remis en mémoire à l’occasion d’une petite phrase que m’a écrite un ami, pour plaisanter  : « tu sens bon la biscotte chaude ! »

 

La deuxième odeur est celle du café en train de griller dans la loge de la concierge de notre immeuble ! En fait c’était surtout de l’orge que cette très vieille dame faisait griller ! Cela embaumait toute la cage d’escalier ! Un vrai régal !

Nous habitions un entresol : les grands jours de café grillé j’aimais m’enfermer dans les toilettes ! J’ouvrais le petit fenestron qui donnait sur la cage d’escalier et je respirais à plein poumon ce délicieux parfum ….

Parfois je me précipitais dans la loge, m’asseyait à côté de la machine à griller et savourais à m’en soûler  le parfum de ce café/orge en train de griller !

Beaucoup plus tard j’ai retrouvé cette odeur, avenue de Clichy, près de chez moi : dans une boutique de thé, café, on fait régulièrement griller du café ! Du vrai ! Et là c’est tout le quartier qui embaume !

Immense plaisir !

 

Une troisième odeur, moins agréable : celle du savon noir que mon père fabriquait avec je ne sais trop quelle mixture qu’il mettait à fondre et bouillir dans un énorme chaudron !

C’était une odeur âcre et comme envahissante : la maison en restait imprégnée pendant plusieurs jours ! Elle me soulevait le cœur !

Puis il laissait refroidir, durcir et enfin, découpait des cubes dans le genre savon de Marseille : c’était un savon qui moussait peu et ne sentait pas vraiment bon !

Je détestais me laver avec ça !

Pendant cette foutue guerre on manquait de tout – même de savon !

©Chantal juin 2009

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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 09:03

Moineau-domestique-13.jpgUN OISEAU DANS MA CHAMBRE

 

J’ouvre un œil… quelle heure peut-il être ?

J’ouvre l’autre œil, il fait grand jour malgré l’heure matinale. Il est 6 heures….

Cui…Cui…Cui…. Je tends l’oreille, étonnée par ce que j’entends ! Je rêve encore, sûrement !

Cui… Cui… Cui… mais non ! On dirait bien qu’un oiseau m’a tenu compagnie cette nuit  !

Je n’en crois pas mes oreilles ! Bien réveillée maintenant, toute émue et toute excitée, j’ouvre mes persiennes, saluée par un concert de piafs rassemblés devant moi. Qui est le plus surpris ?

Je ne sais… mais les oiseaux effrayés par mon arrivée intempestive s’enfuient à tire d’ailes pour revenir quelque secondes plus tard en réponse à l’appel de leur copain, mon squatter à plumes.

Cui… Cui…Cui… encore ce petit chant près de moi, ce chant presque plaintif. Où est-il cet oiseau ?

Je cherche, avec une grande prudence : j’ai tellement peur de le blesser par inadvertance… Où a-t-il bien pu se cacher ?

Cui… Cui…L’oiseau est là, tremblant de peur, tapi derrière un coussin, dans l’angle de la pièce, à côté de  la fenêtre.

Au dehors, le concert de trilles a repris de plus belle : un beau charivari vraiment !! C’est magnifique et touchant.

« On va te sortir de là !

­Nous sommes avec toi moineau_19.jpg

­ Calme-toi, respire »

Voilà ce que dit le « peuploiseau » dans sa danse rock’nroll devant mes yeux embués de larmes. Je fonds de tendresse pour ces petits êtres.

Je souris…

Je m’accroupis devant mon visiteur et tends ma main ouverte devant lui. Je reste ainsi, un long moment, immobile. Je parle tout doucement, comme à un bébé effrayé, ce qu’il est de toute évidence : un bébé oiseau. Je lui demande de me faire ce cadeau : se poser au creux de ma main.

Dehors, les oiseaux chantent et s’agitent. Je ressens leur inquiétude, leur chant m’est destiné cette fois et me met en garde : « Touche pas à mon pote ! »

Oseraient-ils m’attaquer pour défendre leur ami, leur enfant ? A cet instant, j’en suis persuadée…

Au bout d’un moment - une éternité me semble-t-il - rassuré, peut-être, par ma voix paisible, encouragé, certainement, par le soutien sans faille undefinedde sa tribu, mon petit visiteur ose venir se nicher dans ma main. Il tremble de tout son corps et tient ses yeux fermés. Je continue à lui dire de douces paroles, toujours immobile.

Mon cœur bat la chamade, le sien aussi. Je suis bouleversée par tant d’abandon, tant de courage ! Par la fragilité de ce petit corps aussi…

Lui comme moi vivons un moment exceptionnel… Le temps est suspendu… Le concert à l’extérieur l’est aussi.

Le silence…

 Les oiseaux se contentent de passer et repasser devant ma fenêtre en observant ce qui se passe… Ffff fffffff… Fffffff ... Ffffffff…, disent leurs ailes…

Petit oiseau ouvre enfin les yeux ; nous nous regardons avec étonnement et tendresse. Je lui souris et il me répond par un Cui…Cui… timide mais confiant.

Je suis aux anges ! Dans un état de grâce… c’est un moment parfait !

D’un doigt délicat je le caresse après lui en avoir demandé la permission. Je lui murmure des mots doux. Il se laisse faire ; je sens bien cependant qu’il serait inconvenant de faire durer plus longtemps cet échange.

Alors, à regret, je me relève, m’approche de la fenêtre, tends la main vers l’extérieur tandis que le peuploiseau a repris sa danse et son chant choral.

Mon nouvel ami me regarde, sa petite tête de côté, Cui…Cui… et rejoint les siens dans un envol gracieux… laissant dans ma main une petite plume en souvenir ; c’est la preuve que je n’ai pas rêvé !!

Mon Dieu ! Quelle fête ! Je n’oublierai jamais la joie de leurs retrouvailles ! ! Tous les oiseaux ont entouré mon petit visiteur en piaillant à qui mieux mieux !

 

- « Ça va ?

­- Mais, qu’est ce qui s’est passé ?

- ­Que faisais-tu dans ce nid humain ?

- ­Comment as-tu atterri là ?

­- On s’inquiétait pour toi !

- ­Je vais tout vous raconter !moineau_21.jpg

­- Oui ! Tout va bien !

­-  Merci pour votre aide»

­- Dieu ! Que j’ai eu peur !

- ­La dame est charmante

­- J’ai vécu une expérience extraordinaire

­- On rentre à la maison ? »

 

Alors, après avoir dessiné de belles arabesques dans le ciel bleu de ce matin de juillet, comme pour me saluer, le peuple oiseau s’en va, m’offrant un dernier chant, un chant d’exultation !

Je les salue de la main et leur souhaite bon vent…

Je me retrouve toute seule, avec le souvenir, au creux de ma main de la douce chaleur de mon ami l’oiseau, mon ami à plumes.

J’essuie quelques larmes… Je souris au soleil et remercie.

Fin - Chantal 20/07/2004

oiseau--notedemusik.gif

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17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 11:02

chatPoesie-fleur.jpgLa plupart des chats qui ont partagé ma vie m’ont choisie : soit ils sont venus gratter à ma porte, soit ils m’ont suivie dans la rue jusqu’à ce que je les adopte.

Pussycat est de ceux qui m’ont suivie ! Je vivais à Grenoble dans un appartement au 4è étage d’un immeuble. Pussycat était un tout jeune chat quand il est arrivé à la maison. Il avait 2 particularités. 

Après être tombé accidentellement dans mon bain moussant en voulant attraper les bulles de mousse il s’est découvert une passion pour l’eau ! Il venait régulièrement se baigner avec moi au grand dam de mon compagnon !

Ensuite venait la séance séchage d’abord à la serviette de bain puis avec le sèche cheveu et ça il adorait aussi !

La 2è particularité ? Hé ! bien ! Il sautait par la fenêtre pour aller jouer dehors !

Vous imaginez dans quel état j’étais les premières fois où je l’ai vu sauter dans le vide !!

Lorsqu’il voulait rentrer il se postait devant l’ascenseur pour que quelqu’un le dépose au 4è étage et là, il miaulait pour que je lui ouvre. Il était devenu très célèbre sur la place Charles Dullin !

 

Minouchette elle aussi m’a draguée pour que je l’adopte ! C’était une dame de 3 couleurs : noir, orange et blanc ; elle était d’un âge respectable et  très courtisée par les matous du quartier. Je vivais encore à Grenoble dans un appart en RdC surélevé avec balcon donnant sur une belle pelouse. Très indépendante, elle n’a jamais dormi chez moi et je n’ai jamais su où elle dormait. Mais chaque matin, dès que j’ouvrais les volets je la voyais venir en courant, elle sautait sur le balcon, me racontait, sa nuit (oui... on se parlait elle et moi !), se restaurait pour finalement s’installe sur SON fauteuil.undefined

Minouchette avait une vie amoureuse intense - hé ! Les années 70 !!! – était amoureuse dingue du plus beau matou des environs, Mickey un rouquin couvert de cicatrices à la suite de combats amoureux dont Minouchette était l’enjeu. Bien évidemment ce costaud sortait ensanglanté de ces batailles mais victorieux !

Un matin revenant du marché j’ai eu la surprise de trouver Minouchette trônant sur son fauteuil en rotin et entourée par une douzaine de mâles - dont Mickey- assis autour dudit fauteuil !

Ma chatte me jetait des regards implorants et désespérés : ce que je comprenais c’est que Minouchette était venue se réfugier à la maison mais comme je n’étais pas là … les matous ont pris le même chemin qu’elle, à savoir le balcon !

Dès que Minouchette bougeait un tant soit peu, tous les matous étaient sur le qui vive, prêts à lui bondir dessus !

Le spectacle était grandiose avec un parfum d’irréel tout de même... J’étais très émue…

Finalement j’ai viré la gente masculine après avoir enfermée ma chatoune dans ma chambre.

Sitôt libérée de la chambre mais après câlins et bavardages elle est allée sur la pelouse sous le soleil d’un midi estival.


undefinedAlors a commencé un jeu de séduction incroyable de la part de Minouchette destiné aux matous qui étaient là bien évidemment !

Et que je me mets sur le dos, que je m’étire, que je miaule, feule et fais des roulades ! Et que je me lèche et que j’appelle en cris déchirants ! Et que je me mets en posture d’accueil amoureux en frémissant de tout son corps ! Wahooo ! Une vraie gourgandine ! Ces messieurs la regardaient tout en avançant prudemment pour se rapprocher d’elle. Parfois l’un d’entre eux tentait sa chance ! Mal lui en prenait ! Il se ramassait de sacrés coups de griffes avec force soufflements belliqueux de la part de la belle. Ce manège a duré un bon bout de temps. Alors il y eut une grande mêlée pendant laquelle tous les mâles se sont battus avec une violence inimaginable ! Des cris, des miaulements sauvages, des pchhhhhhhhhhhhh fffffffffffahhhhhh à n’en plus finir, des oreilles en sang, des fourrures déchirées... Pendant ce temps Madame continuait son manège séducteur pour motiver ses troupes et elle était douée la coquine !’’ Je me disais aussi que ce n’était pas la peine que je me sois donné du mal pour la mettre à l’abri des assauts de ses compères en voyant son comportement !! Mais je compris qu’elle voulait mener le bal  et peut être aussi voulait-elle épargner mon appartement !!’’ 

La bagarre battait son plein et Mickey montrait une ardeur sans faille ! Le pauvre avait une oreille qui pendait et du sang partout… Le sien et celui des autres bagarreurs !

J’ai vu Mickey éliminer ses rivaux les uns après les autres et il allait être une fois de plus le premier à honorer la belle de ses assauts amoureux ! Oui ! J’ai bien dit le premier ! C’est l’enjeu des fabuleuses batailles de chats. Une fois que le vainqueur a terminé ses petites affaires tous les autres chats peuvent tenter leur chance auprès de la féline donzelle.

C’est ainsi que pour la première fois de ma vie j’ai assisté à la parade nuptiale des chats et que j’ai vu ma Minouchette soutenir – de moins en moins vaillamment il faut bien le dire ! – les assauts des plus courageux des vaincus.

Puis elle est revenue sur son fauteuil, complètement épuisée. Elle a fait une grande toilette et s’est endormie.

chatRideaux.gifLes amours de Mickey et de Minouchette se sont poursuivies pendant quelques jours ailleurs.

Il ne restait plus qu’à attendre les naissances.

Je savais que dans les semaines à venir j’aurai à donner (ou euthanasier sniffff) 7 ou 8 chatons au pelage aussi varié que celui de leurs pères ……..

Chantal

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