Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 17:11
Extrait de la lettre soufi n 35

Dieu le Très-Haut créa le monde puis dit : Confie-Moi tes secrets. Si tu ne le fais pas, alors tourne ton regard vers Moi. Si tu ne le fais pas, alors écoute-Moi. Si tu ne le fais pas, alors attends au seuil de Ma porte. Si tu ne fais rien de tout cela, dis- Moi au moins tes désirs."
- Sahl Tustari


La prière originelle

Pourquoi prions nous ? Quelle est la vraie nature de la prière ? Le mystique sait que l’essence de la prière est le secret caché, « Je suis Lui que j’aime, Lui que j’aime est moi. » Au plus profond de la prière du coeur, ne se trouve rien d’autre que l’unicité ; ainsi, lorsque le coeur s’ouvre et se tourne vers Dieu, Il révèle son Unité. C’est en cet état de prière qu'une fusion se réalise, transcendant ainsi l’esprit et ses dualités : le coeur nous envahit de Sa présence, et efface toute conscience de nous-mêmes.

Ces états de prière sont des moments d’union pendant lesquels l’amant s’égare. L’amant franchit les rivages de son propre être pour se plonger dans l’océan infini du Bienaimé. Nous faisons cette offrande à travers la dévotion et le désintéressement, à travers le désir du coeur de partager son secret. Debout sur le rivage, nous répétons Son nom ; nous crions notre désir d’être avec Lui, de parler avec Lui, de partager avec notre Bien-aimé nos peines et nos joies.

Mais lorsqu'il se rapproche nos paroles s'effacent, ainsi que notre conscience dissoute en Sa présence. Lorsque l’amour révèle sa vraie nature, nous réalisons qu’il n’y a ni amant ni Bien-aimé. Il n’y a personne pour prier et personne à qui adresser la prière. Nous ne réalisons même pas que nous sommes absent ; nous retournons de cet état de fusion sachant seulement que nous nous sommes donnés et que nous avons été pris.


Le don de nous-même a été accepté dans sa totalité, tant et si bien que nous avons tout oublié. Nous nous sommes tournés vers Lui et Il nous a pris dans Ses bras, nous a enveloppé dans l’unicité et dissout dans la proximité. Pendant de longues années nous avons pleuré, nous l’avons appelé et lorsqu’Il arriva, la rencontre fut si intime que nous oubliâmes tout. Mais lorsque nous retournons de cette fusion en l’Unicité, lorsque l’esprit nous entoure à nouveau, nous pouvons voir les empreintes qui nous ont conduites sur ce rivage,là où les deux mondes se rencontrent. Nous pouvons raconter les récits du voyage qui nous a conduit aux rivages de l’océan infini du coeur, des nuits passées à L’évoquer, et des larmes versées. Pendant de si longues années, notre désir était tout ce que nous savions, un désir né de la douleur de la séparation, le désespoir le plus profond connu par
l’âme. Ce désir était notre prière originelle, plantée dans le coeur par Lui qui nous aime, qui nous veut pour Luimême. Ce désir de l’âme est le lien de l’amour, le mystique s’est engagé à se rappeler à Lui. L’éveil de ce souvenir est la reconnaissance de notre étourderie, la réalisation de la séparation. L’amante doit se rendre compte qu’elle est séparée de son Bienaimé, qu’elle L’a oublié. S’éveillant à cette connaissance, l’amant prend conscience du désir de l’âme de retourner à sa source, d’entreprendre le voyage de la séparation vers l’union. La prière originelle est le soupir de l’âme, la complainte du roseau arraché de son lieu de vie et qui languit d’y retourner.

Cette prière originelle est profondément enfouie en nous et nous la ressentons souvent de façon indistincte et floue, car l’esprit et l’égo nous empêchent d’entendre la force de son message. Enfoui dans les profondeurs les plus intimes du coeur, l’amante pleure son Bien-aimé et nous entendons comme une tristesse et un mécontentement. Subtilement nous sommes tourmentés par cet appel et nous essayons souvent de l’éviter, de fuir cette douleur primaire. Le monde est rempli de tant de distractions, la conscience et la psyché de tant d’échappatoires. Mais progressivement, parfois soudainement, nous réalisons que nous devons retourner à la source, que nous devons honorer notre désir, que nous avons besoin de ramener la prière du coeur dans notre conscience. Ce qui a commencé dans le coeur est transmis à la langue : « Oh Bienaimé, aides moi. Je suis si seul et j’ai tant besoin de toi. » La prière est alors rendue consciente et incarnée dans la parole. Avec toute la puissance et les limites du langage, nous exprimons notre désir et finissons par réaliser notre désespoir. Nous rendons consciente la douleur de la séparation, et appelons avec encore plus de ferveur le Bien-aimé, sachant intimement que « Je réponds à l’appel de celui qui M’appelle quand il M’appelle. » (Coran 2 : 186)

Source: http://www.journalsoufi.com/lls/lalettresoufie35.pdf

Partager cet article

Repost 0
Published by Paprika - dans Spiritualité
commenter cet article

commentaires

didier 05/09/2008 19:00

TRèS BEAU TEXTE bien écrit et très vrai bonsoir chantal bonne soirée gros bisous didier

Dominique 29/04/2008 13:27

coucou Chantal !pour la baguette magique, suis le lien que j'ai donné dans l'article et tu trouveras la personne proche de chez toi... Je te souhaite plein de bonheur ! xxx  

Présentation

  • : Le blog de Paprika
  • Le blog de Paprika
  • : Une ballade tout en douceur au gré des images, des mots.... au vent du cœur .... ce qui n'exclue pas des cris d'indignation.... Rêvons ensemble voulez-vous ? :o)
  • Contact

Profil

  • Paprika
  • Je me suis mise à l'écriture il y a une quinzaine d'années comme poussée par une nécessité intérieure ... 
 Des poèmes - en prose pour la plupart - me venaient comme par "magie" 
 J'en ai mis quelques uns en images sur des videos ...
  • Je me suis mise à l'écriture il y a une quinzaine d'années comme poussée par une nécessité intérieure ... Des poèmes - en prose pour la plupart - me venaient comme par "magie" J'en ai mis quelques uns en images sur des videos ...

Rechercher